Un couple consulte un devis d'isolation de combles à la table de la cuisine, calculatrice et courrier de l'Anah posés à côté
Réglementation

MaPrimeRénov’ en septembre 2026 : six gestes exclus, à quel coût ?

Depuis le 1er septembre 2026, six travaux ne peuvent plus être financés seuls par MaPrimeRénov’ : isolation des combles ou de la toiture, fenêtres, poêles à bois ou à granulés, chauffe-eau thermodynamique, chauffage ou eau chaude solaire, VMC. Le décret n°2026-822 du 25 août 2026 (JO du 27 août 2026) réserve désormais ces gestes à la rénovation d’ampleur ou aux certificats d’économies d’énergie (CEE). Ce que ça change pour votre budget dépend de trois choses : la date de dépôt de votre dossier, votre capacité à financer un bouquet de travaux, et le classement DPE de votre logement. Ce comparatif chiffre le reste à charge selon ces trois cas.

Quels critères font vraiment varier votre reste à charge ?

La date de dépôt du dossier, le type de logement (F/G ou non) et la capacité à financer un bouquet de travaux déterminent seuls si le reste à charge explose ou reste maîtrisé. Le reste ne joue quasiment aucun rôle dans le calcul final.

Trois points à retenir avant tout calcul :

  • La date qui fait foi est celle du dépôt du dossier sur le site MaPrimeRénov’, pas la signature du devis. Un devis signé le 28 août 2026 ne protège rien si le dossier n’a pas été déposé avant le 1er septembre.
  • Un logement classé F ou G bénéficie d’un sursis jusqu’à fin 2027, mais seulement sur les gestes qui restent listés comme éligibles au parcours par geste. Ça ne rétablit pas les six exclus.
  • La rénovation d’ampleur exige un gain d’au moins deux classes DPE (diagnostic de performance énergétique) et le passage par un accompagnateur agréé par l’Anah (Agence nationale de l’habitat).

Un critère, en revanche, ne change rien à l’affaire : le statut RGE (reconnu garant de l’environnement) de l’artisan reste obligatoire dans tous les cas, avant comme après le 1er septembre. Ce n’est pas ce paramètre qui fait basculer votre dossier d’un scénario à l’autre. Pour une vue d’ensemble des dispositifs encore actifs, les aides à la rénovation restent recensées poste par poste.

Combien coûte réellement chaque geste avant et après le 1er septembre ?

Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur pour un ménage classé « intermédiaire » dans le barème Anah, en vigueur jusqu’au 31 août 2026. Les montants CEE dépendent de l’obligé (le fournisseur d’énergie qui finance) et de la zone climatique : demandez toujours un chiffrage via un simulateur France Rénov’ avant de signer.

Geste exclu MaPrimeRénov’ avant le 01/09/2026 CEE seul après le 01/09/2026 Reste à charge avant Reste à charge après Éligible via rénovation d’ampleur ?
Isolation combles/toiture (80 m²) environ 1 200 € environ 400 à 600 € environ 2 800 € sur 4 000 € environ 3 400 à 3 600 € sur 4 000 € oui, si gain ≥ 2 classes DPE
Fenêtres (8 unités) environ 800 € environ 300 à 400 € environ 4 200 € sur 5 000 € environ 4 600 à 4 700 € sur 5 000 € oui, en complément d’isolation
Poêle à bois ou granulés environ 1 500 € environ 600 à 800 € environ 2 500 € sur 4 000 € environ 3 200 à 3 400 € sur 4 000 € oui, hors chauffage principal gaz
Chauffe-eau thermodynamique environ 600 € environ 200 à 300 € environ 1 900 € sur 2 500 € environ 2 200 à 2 300 € sur 2 500 € oui
Chauffage/eau chaude solaire environ 2 000 € environ 800 à 1 000 € environ 3 000 € sur 5 000 € environ 4 000 à 4 200 € sur 5 000 € oui
VMC double flux environ 600 € environ 200 à 300 € environ 1 900 € sur 2 500 € environ 2 200 à 2 300 € sur 2 500 € oui

Sur chaque ligne, l’écart de reste à charge tourne entre 300 et 1 200 €. Ce n’est pas anodin sur un projet à 4 000 ou 5 000 €. Le détail réglementaire est repris par Selectra, à jour au 27 août 2026.

Que faire si vous avez déjà un devis signé avant le 1er septembre 2026 ?

Un devis signé ne suffit pas : seul un dossier effectivement déposé sur le site MaPrimeRénov’ avant le 1er septembre conserve les anciennes règles. Sinon, les nouvelles s’appliquent même si le devis date d’avant et que les travaux sont déjà planifiés.

Vérifiez l’accusé de dépôt, pas la date de votre devis. C’est ce document, horodaté, qui fait foi devant l’Anah en cas de contrôle.

Pour les dossiers déposés fin août 2026 et encore en instruction : les données manquent à ce jour. Le décret ne précise pas de traitement différencié pour les dossiers « frontière », et aucun retour officiel n’a été publié début septembre 2026 sur ces cas limites. Si vous êtes concerné, contactez votre point conseil France Rénov’ pour confirmer le statut exact de votre demande.

Une règle reste constante, décret ou pas : ne commencez jamais les travaux avant l’accord formel de l’Anah, sauf panne urgente d’un équipement de chauffage ou d’eau chaude. Commencer avant l’accord expose à un refus pur et simple de l’aide.

Que change une rénovation d’ampleur pour votre budget ?

Pour un ménage capable de financer un bouquet de travaux (isolation, chauffage, ventilation ensemble), les six gestes exclus restent éligibles et cumulables. Les montants obtenus dépassent souvent ceux du monogeste d’avant, car l’aide se calcule sur l’ensemble du projet et non poste par poste.

Deux conditions à remplir, sans exception :

  1. Atteindre un gain d’au moins deux classes DPE après travaux.
  2. Passer par un accompagnateur agréé Anah, obligatoire dès le dépôt du dossier.

Pour un projet combinant isolation, pompe à chaleur et VMC, le budget moyen constaté se situe généralement entre 25 000 et 40 000 € avant aides. C’est une fourchette large, propre à chaque logement. Si le chauffage fait partie du projet, les subventions pour pompe à chaleur se cumulent avec le reste du bouquet. L’éco-PTZ (prêt à taux zéro) et la TVA à 5,5 % restent mobilisables en complément, sans plafond de ressources.

Que faire si vous n’avez le budget que pour un seul geste ?

Pour isoler seulement les combles, changer les fenêtres ou installer un poêle sans autre projet associé, MaPrimeRénov’ n’est plus mobilisable seule. Il faut se tourner vers les CEE, avec un montant généralement inférieur de 30 à 50 % à ce qu’apportait MaPrimeRénov’ avant le 1er septembre.

Cette vidéo d’Effy détaille, en trois minutes, ce qui bascule concrètement au 1er septembre 2026 et pourquoi le parcours CEE devient la seule porte d’entrée pour un geste isolé :

Trois réflexes avant de signer un devis :

  • Simulez le montant CEE réellement disponible pour votre geste précis, via un simulateur en ligne ou un comparateur d’offreurs.
  • Comparez plusieurs obligés CEE : les montants varient sensiblement d’un fournisseur à l’autre, parfois du simple au double.
  • Vérifiez les délais de versement. Ils sont souvent plus courts que ceux de l’Anah, mais les fonds transitent parfois par l’artisan lui-même, ce qui suppose de bien lire le contrat avant signature.

Rien n’oblige à passer par le premier obligé venu. Prenez le temps de comparer.

Qu’est-ce qui change si votre logement est classé F ou G ?

Les passoires thermiques (logements classés F ou G) bénéficient d’un sursis jusqu’à fin 2027 sur le parcours par geste, mais uniquement pour les travaux encore listés comme éligibles à ce parcours. Ce sursis ne rétablit en aucun cas les six gestes exclus par le décret n°2026-822 du 25 août 2026 : isolation, fenêtres, poêle, chauffe-eau thermodynamique, solaire et VMC restent hors MaPrimeRénov’ seule, même pour ces logements.

Concrètement : si votre logement F ou G a besoin d’une isolation de toiture, ce sursis ne vous aide pas davantage qu’un ménage en logement E ou D. La seule voie qui reste ouverte reste la rénovation d’ampleur ou les CEE.

Dans ce cas précis, enchaîner directement vers une rénovation d’ampleur peut avoir plus de sens qu’attendre 2027. Un logement F ou G risque, d’ici là, de nouvelles restrictions locatives. Mieux vaut anticiper que reporter indéfiniment.

Que faire si aucune option ne convient à votre situation ?

Pour un propriétaire sans budget pour un bouquet de travaux, et dont le dossier n’était pas déposé avant le 1er septembre 2026, aucune aide nationale ne finance plus seule ces six gestes. Reste le cumul CEE et éco-PTZ, ou le report du projet.

Quelques pistes à explorer avant d’abandonner :

  • Les aides locales ou départementales, parfois cumulables avec les CEE, varient fortement d’une collectivité à l’autre.
  • Certaines caisses de retraite complémentaire (Agirc-Arrco notamment) proposent des aides ponctuelles pour l’adaptation ou l’amélioration du logement des retraités.
  • Scinder le projet : isoler d’abord la toiture via CEE, reporter le poêle ou le solaire à plus tard.

Méfiez-vous du démarchage autour des aides restantes. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) rappelle régulièrement que les offres promettant un « reste à charge nul » sans vérification préalable de votre éligibilité sont un signal d’alerte classique.

Reporter un projet n’est pas un échec. C’est parfois la seule option raisonnable quand le calcul ne tient pas.

Quelles sont les questions les plus fréquentes sur ces changements ?

Cette foire aux questions reprend les six interrogations les plus posées depuis la publication du décret : la valeur du devis signé avant le 1er septembre, le remplacement de MaPrimeRénov’ par les CEE, le sort des logements F ou G, l’obligation RGE, l’isolation en solo et les dossiers en cours d’instruction. Chaque réponse tient en quelques lignes, sans renvoyer à un autre article.

Foire aux questions

Un devis signé avant le 1er septembre 2026 suffit-il à conserver les anciennes règles ?

Non. Seule la date de dépôt effectif du dossier sur le site MaPrimeRénov’ compte, pas la date du devis signé. Un devis d’août 2026 avec un dossier déposé en septembre suit les nouvelles règles.

Les CEE remplacent-ils vraiment MaPrimeRénov’ pour ces six gestes ?

Oui, partiellement. Les CEE restent mobilisables seuls pour l’isolation, les fenêtres, les poêles, le chauffe-eau thermodynamique, le solaire et la VMC, mais avec un montant généralement inférieur à ce qu’apportait MaPrimeRénov’ avant le 1er septembre 2026.

Que se passe-t-il pour un logement classé F ou G ?

Un sursis existe jusqu’à fin 2027 sur le parcours par geste, mais uniquement pour les travaux encore éligibles à ce parcours. Il ne rétablit pas les six gestes exclus par le décret n°2026-822 du 25 août 2026.

Le statut RGE de l’artisan est-il toujours exigé ?

Oui, sans changement. Le statut RGE (reconnu garant de l’environnement) reste une condition obligatoire pour toute aide, MaPrimeRénov’ comme CEE, avant et après le 1er septembre 2026.

Peut-on encore isoler ses combles sans faire une rénovation complète ?

Oui, mais sans MaPrimeRénov’ en financement principal. Il faut passer par les CEE, avec un reste à charge plus élevé qu’avant, ou basculer vers une rénovation d’ampleur si le budget le permet.

Que faire si mon dossier déposé fin août est encore en instruction début septembre ?

Les données manquent sur ce cas précis. Aucun communiqué officiel ne précise, début septembre 2026, le traitement des dossiers déposés avant la date limite mais encore non instruits. Contactez un point conseil France Rénov’ pour vérifier votre situation individuelle.

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