Le 1er octobre 2026, le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) grimpe à 182,88 €/MWh TTC, soit +6,3 % en un mois. Pour les quelque 6 millions de foyers en offre indexée, ce n’est pas un pourcentage abstrait : c’est un montant précis sur la prochaine facture. Une nouvelle hausse est déjà annoncée pour novembre. Voici, échéance par échéance, ce qui change et ce qu’un propriétaire a intérêt à vérifier avant l’hiver.
1er octobre 2026 : ce qui change
Le prix repère de la CRE sert de référence aux offres dites « indexées » : gaz optimisé chez EDF, formules équivalentes chez d’autres fournisseurs. Il ne s’applique pas à la part énergie des offres à prix fixe.
Au 1er octobre 2026, ce repère passe de 172,05 €/MWh TTC à 182,88 €/MWh TTC (CRE). Pour un foyer qui consomme autour de 11 200 kWh/an, le profil moyen retenu par la CRE, la hausse représente environ 5,28 € sur la facture d’octobre, et entre 120 et 135 € sur l’année si ce niveau de prix se maintenait. Pour un appartement à 5 000 kWh/an, l’impact mensuel reste sous les 3 €. Une maison à 13 000 kWh/an, elle, encaisse un surcoût annuel qui dépasse 150 €.
Tout n’augmente pas au même rythme. Le chauffage grimpe d’environ 8 % avec cette hausse du repère. La cuisson et l’eau chaude sanitaire, qui pèsent moins lourd dans la facture, subissent un effet plus limité.
Dernier point, souvent oublié : une offre dite « fixe » ne bloque pas forcément tout. Le prix du kWh d’énergie peut être garanti, mais l’abonnement, l’acheminement GrDF et les taxes restent indexés sur leurs propres grilles. Lisez la formule exacte avant de vous croire protégé.
1er novembre 2026 : ce qui change
Une nouvelle hausse de 6,6 % est annoncée pour le 1er novembre 2026, qui porterait le prix repère à 194,90 €/MWh TTC. Pour un foyer type à 11 200 kWh/an, cela représente environ 12 € de plus sur la seule facture de novembre.
Depuis septembre, le compteur s’affole : +5,6 % en septembre, +6,3 % en octobre, +6,6 % en novembre. Trois hausses consécutives qui, cumulées, pèsent nettement plus que les pourcentages pris isolément. Le calcul est simple à faire, mais rarement fait.
Les causes avancées tiennent aux tensions autour du détroit d’Ormuz et aux incertitudes sur l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié pour l’hiver européen. Rien d’officiel ne permet pour l’instant de dire si ce rythme se poursuivra en décembre.
Hiver 2026-2027 : ce qui change
L’hiver ne change rien au prix du MWh, mais il change tout au volume consommé. Le chauffage représente environ 70 % de la consommation de gaz d’un logement (ADEME). Une hausse de prix qui semblait marginale en septembre devient beaucoup plus visible une fois les radiateurs allumés en continu.
Dans un logement mal isolé, l’effet se cumule : plus de kWh consommés, à un prix plus élevé. C’est ce calcul qui pousse certains propriétaires à anticiper des travaux, isolation des combles, remplacement de chaudière, passage à une pompe à chaleur. Ces chantiers se chiffrent en milliers d’euros, et leur rentabilité dépend largement des aides disponibles, dont les aides pour rénover votre logement donnent le détail actualisé. Pour ceux qui envisagent justement de changer une chaudière gaz, le calendrier des dispositifs a lui aussi bougé récemment, avec notamment la baisse de ma prime rénovation à intégrer dans le calcul.
Les ménages modestes peuvent par ailleurs mobiliser le chèque énergie, dont le montant et les conditions d’attribution sont fixés par décret, sans lien direct avec le niveau du prix repère.
Ce qu’il faut faire avant la prochaine échéance
D’abord, identifiez la nature exacte de votre contrat. La formule figure sur la facture ou dans l’espace client : « indexé sur le prix repère », « gaz optimisé », ou au contraire « prix fixe garanti X mois ». Le nom commercial de l’offre ne suffit pas à trancher.
Ensuite, faites le calcul vous-même plutôt que de vous fier à une moyenne nationale.
- Relevez votre consommation réelle en kWh sur les douze derniers mois.
- Comparez le prix du kWh de votre offre indexée actuelle avec celui d’une offre fixe proposée aujourd’hui.
- Multipliez l’écart par votre consommation réelle, pas par la moyenne de 11 200 kWh retenue par la CRE.
Le résultat varie énormément. Pour un petit appartement peu consommateur, le gain annuel d’un passage en fixe peut se limiter à quelques euros, à peine de quoi justifier la démarche. Pour une maison à forte consommation, l’écart dépasse facilement 80 à 100 € par an.
Vérifiez aussi ce que l’offre fixe bloque réellement : seulement le kWh énergie, ou également l’abonnement. Les taxes et l’acheminement GrDF échappent de toute façon à tout verrouillage contractuel.
Quelques gestes limitent l’impact dès cet hiver, sans attendre un changement de contrat :
- Baisser le chauffage d’1°C réduit la consommation d’environ 7 % (ADEME).
- Programmer une baisse de température la nuit et en l’absence.
- Isoler les points froids visibles, bas de porte, tour de fenêtre, pour un coût inférieur à 50 €.
Ce qui n’est pas encore tranché
Personne ne peut dire aujourd’hui si la hausse s’arrêtera en décembre 2026 ou si le prix repère continuera de grimper au premier trimestre 2027. Le marché de gros du gaz reste sensible aux tensions géopolitiques, et aucun organisme officiel ne publie de prévision engageante au-delà du mois suivant.
Ce flou alimente un vrai débat chez les propriétaires : verrouiller un prix fixe maintenant, au risque de rater une éventuelle détente du marché, ou attendre, au risque de subir une quatrième hausse consécutive. Sur ce point, les données manquent pour trancher.
Reste aussi une question ouverte : les fournisseurs historiques s’aligneront-ils sur les offres fixes les plus compétitives du marché, ou laisseront-ils l’écart se creuser avec les acteurs alternatifs comme Ecodigo, Alterna ou Ohm Énergie. Rien d’officiel ne permet de l’anticiper.
Foire aux questions
Comment savoir si mon contrat de gaz est indexé ou à prix fixe ?
La formule figure dans les conditions générales ou sur la facture, sous une mention du type « prix indexé sur le repère CRE » ou « prix fixe garanti ». En cas de doute, l’espace client du fournisseur l’indique clairement.
Suis-je concerné par la hausse du 1er octobre 2026 ?
Oui, si vous êtes en offre indexée sur le prix repère, ce qui concerne environ 6 millions de foyers (CRE). Les offres à prix fixe ne bougent pas sur la part énergie, mais l’abonnement peut tout de même évoluer.
Changer pour une offre fixe maintenant, est-ce intéressant ?
Cela dépend de l’écart réel avec votre prix indexé actuel et de votre consommation. Pour certains profils, le gain annuel ne dépasse pas quelques euros, d’où l’intérêt de calculer avant de signer.
Changer de fournisseur fait-il perdre un parrainage en cours ?
Oui, dans la plupart des cas. Le parrainage est généralement lié au contrat initial et n’est pas reporté lors d’un changement d’offre ou de fournisseur.
Le prix du gaz va-t-il encore augmenter après novembre 2026 ?
Aucune certitude. Le prix repère dépend du marché de gros, et les fournisseurs eux-mêmes ne communiquent pas de visibilité au-delà de quelques mois.
Quel est l’impact réel sur ma facture annuelle ?
Pour une consommation moyenne de 11 200 kWh/an, le surcoût lié à la seule hausse d’octobre est estimé entre 120 et 135 € sur l’année. Ajustez ce montant selon votre consommation réelle en kWh.

